Le nouveau cannabis: évolution de la teneur en THC
Il est souvent mentionné que la teneur en THC, la principale substance à effets psychotropes contenue dans le cannabis, a augmenté de façon importante au cours des vingt ou trente dernières années. Qu'en est-il réellement?
A priori, il n'y a pas de réponse totalement exhaustive à cette question, car il n'exite pas de programmes de contrôle systématique de la teneur en THC des échantillons de cannabis dans un commerce essentiellement clandestin. Les produits ne sont pas standardisés, et la teneur en THC peut varier de façon importante selon les lots.
Les données existantes proviennent avant tout de saisies de stupéfiants. Elles sont concordantes sur des marchés aussi divers que le Canada, les E.U. ou la Hollande:

Évolution à long terme du pourcentage d'échantillons saisis aux E.U. contenant plus de 9% de THC.

Évolution de la teneur en THC d'échantillons saisis au Canada.

Évolution récente de la teneur en THC d'échantillons de Sinsemilla prélevés dans des "coffee-shops" en hollande.
On estime qu'en moyenne, la teneur en THC des échantillons sur le marché a doublé, passant de 5-7% à 14% et plus: nous avons donc aujourd'hui un produit qui en moyenne est deux fois plus puissant que "l'ancien" cannabis. Une production industrielle à teneur garantie de l'ordre de 14% semble parfaitement à la portée des producteurs technologiquement sophistiqués.
Pourquoi ce changement?
Il semble que la production de cannabis a vécu ces dernières décennies une véritable "révolution verte" liée notamment à:
- La diffusion accélérée du savoir-faire et de technologies avancées inspirées par les méthodes de culture hollandaises: meilleure connaissance des cycles de la plante, culture en intérieur, utilisation de cycles artificiels de luminosité, suppléments d'engrais, voire cultures hydroponiques à part entière, diffusion de la technique "sinsemilla" (culture exclusive de plants femelles non fertilisés en milieu protégé), reproduction par boutures, préparation plus sélective des sommités, etc.
- La sélection d'hybrides à haute teneur en THC, de taille modeste (culture en intérieur facilitée) et la diffusion des semences de haute qualité,
- La pression intrinsèque de l'interdiction aurait contribué à la généralisation des cultures en intérieur et à la recherche d'un produit plus concentré, donc plus facile à dissimuler.
- Le marché lui-même semble avoir suivi ce flot d'innovations, avec un rôle accru de l'autoproduction avec vente occasionnelle auprès des réseaux de confiance.
Références
- "The emergence of ‘new cannabis’ and the reassessment of health risks", World Drug Report 2006
document pdf [
]







