Cannabis et psychoses
On entend par psychoses un ensemble de maladies mentales relativement sévères et invalidantes telles que la schizophrénie, le trouble schizophréniforme, la schizophrénie paranoïde, etc. Depuis longtemps, on a observé que, parmi les personnes souffrant de psychose, le taux de consommateurs de cannabis est environ deux fois plus élevé que dans la population générale. On a souvent attribué cette consommation à la maladie de base. La question qui a fait l'objet de beaucoup de débats au cours de la dernière décennie concerne un éventuel rôle du cannabis dans le déclenchement de la psychose.
La psychose désigne globalement les troubles psychiques dans lesquels on retrouve des symptômes comme des hallucinations auditives ou visuelles, des idées délirantes, un sentiment de persécution (liste non exhaustive). Ce type de maladie s'accompagne très souvent:- d'une altération des performances sociales et professionnelles: difficultés à maintenir un emploi stable, à résister à la pression d'un emploi stressant (par exemple lorsqu'un rendement est demandé)
- de difficultés dans les relations aux autres.
Bien entendu cette étude a été contestée. Un grand nombre de facteurs de confusion possibles ont été considérés par la suite: "sexe, âge, type génétique, antécédents de psychose, niveau d'éducation, personnalité, Q.I., affiliations avec des pairs déviants, troubles de la conduite, fonctionnement social, abus d'autres substances, âge des parents, divorce des parents, changements dans la famille, attachement aux parents, abus de substances par les parents, facteurs socio-économiques, abus sexuels et violences, traumatisme dans l'enfance (...)" (Fergusson et coll. 2006)
D'autres travaux sont néanmoins venus étayer ces conclusions par la suite: Semple (2005), Fergusson (2006) rapportent entre six et sept études de bonne qualité, dont les résultats sont concordants.
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Les risques de développer une psychose pour les consommateurs fréquents de cannabis sont en moyenne entre deux et trois fois supérieurs à ceux qu' encourent les non-fumeurs, et jusqu'à dix fois plus importants pour ceux qui sont porteurs de certaines vulnérabilités d'origine génétique.
Un rôle aggravant a été identifié pour une première consommation précoce dans l'adolescence:
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Les adolescents qui initient leur consommation de cannabis à 15 ans ont trois fois plus de risques de présenter des symptômes de psychose à l'âge de vingt-six ans, par rapport à ceux qui débutent leur consommation à dix-huit ans. Un sur dix contre un sur trente (Arseneault et coll. 2002).
Références
- Semple 2005 : Cannabis as a risk factor for psychosis: systematic review [
] - Andreasson et coll. 1997 : Cannabis and schizophrenia. A longitudinal study of Swedish conscripts. [
] - Fergusson et coll. 2006 : Cannabis and psychosis [
] - Arseneault et coll. 2002: Cannabis use in adolescence and risk for adult psychosis: longitudinal prospective study [
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